A propos de consonnes par André Sordes

                                      A propos de consonnes                                                                                                                                                                                                                                                       

                                                                    Aide-mémoire.

                                          (Ce texte s’inspire du Traité de Phonétique de M. Grammont.)

  I-Consonnes utilisées en français (il ne s’agit pas des lettres mais des sons, ou plus précisément des phonèmes) :

Occlusives ou momentanées : les sourdes, p bilabial, t dental, k palatal et les sonores correspondantes b, d, g.

Nasales : m, n                                 

Spirantes ou continues :

les sourdes, f labiodental, s dental, ʃ palatal (ch de chat) et les sonores  correspondantes v, z,  ʒ (je de juge)

les liquides r et l

Semi-consonnes : j (de yeux),  w (de oui) et  ɥ  (ü consonne de lui).

 

  II-Articulation :                                                                                              

  La prononciation d’une consonne comporte en principe trois phases : la mise en place des organes, appelée catastase ; le maintien de cette position, la tenue ; la détente des organes, appelée métastase.

  A-Pour une occlusive :

  1-Intervocalique : prenons l’exemple de p dans épi.

La catastase : Au moment où finit la prononciation du é, les lèvres vont se resserrer, de même que les cordes vocales, et le voile du palais va se relever pour fermer la sortie vers les fosses nasales. L’air contenu dans la bouche occupe un certain volume, mais la langue va se gonfler, le larynx monter et avancer légèrement, jusqu’au diaphragme qui se soulève, ce qui fait que la pression de l’air contenu dans la cavité buccale augmente. Cette phase est silencieuse.

La tenue : Le maintien de cette position pour  ces organes est très brève pour une occlusive, mais on pourrait éventuellement la prolonger ! Cette phase est silencieuse.

La métastase : L’ouverture volontaire de la barrière des lèvres laisse sortir brusquement l’air buccal sous pression et on obtient un p qualifié d’explosif. On entend le p lors de cette troisième phase.

 

   2-Initiale: Après un silence avec bouche fermée, ou après un mot terminé par le son m, comme dans régim(e) pauvre, par exemple,  la catastase d’un p initial a déjà les lèvres resserrées,  mais tout se passe  comme pour un p intervocalique pour les autres organes. Dans patte, par exemple, c’est également un p explosif.

 

   3-finale : dans le mot cap, par exemple. Dès qu’on a prononcé  a, les lèvres se resserrent et interrompent brusquement la sortie de l’air buccal qui servait à produire le a. C’est cette brusque interruption qui produit le son p. Ce n’est plus une explosion, mais une implosion, évidemment moins forte. A noter, qu’après la voyelle a, le voile du palais est resté relevé, mais les cordes vocales ont cessé de vibrer. Donc un p final se fait entendre lors de la catastase, ou première phase, tandis que la tenue et la métastase sont silencieuses.

    Dans l’étude qui précède la tenue est muette et le son ne s’entend que lors de la métastase pour un p explosif, intervocalique ou initial, et lors de la catastase pour un p final implosif. L’implosion est toujours moins audible que l’explosion.

   Nous avons étudié la consonne P, bilabiale sourde articulée grâce à la fermeture des lèvres, et le mécanisme est exactement le même pour les occlusives t et k, mais la fermeture de l’air buccal est assurée par la pointe de la langue qui appuie contre les incisives supérieures pour la dentale t, et par la partie antérieure du dos de la langue contre le palais pour la palatale k.   Quant aux cordes vocales, qui étaient resserrées lors de l’articulation des sourdes p, t, k,  elles vont vibrer pour obtenir les voisées correspondantes b, d, g.

 

  B- Pour une nasale.

   Le français utilise m et n, occlusives particulières puisque la sortie de l’air par la bouche est empêchée mais, le voile du palais étant baissé, l’air de la cavité buccale est expulsé par le nez en passant par les fosses nasales.

   Pour m les organes buccaux prennent les positions voulues pour articuler un b ; pour n les positions voulues pour articuler un d. La caisse de résonnance comprend celle prévue pour articuler un b ou un d plus le volume des fosses nasales.

    L’articulation comprend  les trois phases comme pour les occlusives ci-dessus : pour un m ou un n intervocalique, comme dans amour ou anisette, et pour un m ou un n initial, comme dans matière ou nation, le son est produit lors de la troisième phase ; pour un m ou un n final, comme dans dam(e) ou fin(e) lors de la première phase. Comme pour les occlusives, un m ou un n final est moins net qu’un m ou un n initial ou intervocalique.

 

 

 

  C- Pour une spirante.

   Pour une spirante il n’y a pas une fermeture complète à un endroit particulier de la bouche comme pour les occlusives, mais un simple resserrement qui permet à l’air venant des poumons de sortir. On a également les trois phases : la mise en place des organes, ou catastase ; l’émission du son pendant la tenue ; puis le repos, la métastase.

   La tenue, qui est muette pour les occlusives,  est la phase audible pour une spirante ; et l’émission de la labiodentale f, de la dentale s, ou de la chuintante palatale ʃ , comme dans chat, dépend de l’endroit où se produit  le resserrement. (Pour la chuintante il y en plus une nette projection des lèvres en français.)

    L’articulation des voisées correspondantes v, z, et ʒutilise le même mécanisme, mais avec vibration des cordes vocales.

  Les liquides r et l. 

  Ces deux consonnes, et leur permutation éventuelle, sont examinées en détail dans le texte « Annexe des Sordon ». Les consonnes r et l sont normalement voisées mais elles perdent leur sonorité en finale de mot si elles sont précédées d’une sourde. Exemples : sonores dans meubl(e) et moudr(e) ; sourdes dans peupl(e) et meurtr(e).

 

 

 

  D-Pour une semi-consonne, ou semi-voyelle.

  Le son initial de yeux, j, celui de oui, w, et celui de (h)uis, ɥ.

  On les appelle ainsi car il s’agit de phonèmes intermédiaires entre une voyelle et une consonne.

  Le yod, j, correspond à la voyelle i mais les bords de la langue s’appuient sur les côtés du palais et le souffle qui s’échappe par le passage rétréci produit un frottement.

  Le w correspond à la voyelle u, c’est-à-dire le ou français, mais les lèvres projetées sont presque fermées.

  Le ɥ correspond à la voyelle ü et pour son articulation la langue prend la position du yod, et les lèvres celle du w. D’après les linguistes cette semi-voyelle n’existe dans aucune autre langue !  

    Remarque : La plupart des consonnes étudiées ci-dessus sont communes aux diverses langues, mais chaque langue a quand même sa propre base d’articulation, en avançant ou en reculant légèrement le point d’articulation, en ouvrant plus ou moins les lèvres, en utilisant une tension plus ou moins forte…et à l’audition l’impression est évidemment différente. On peut dire, par exemple, que le français et l’anglais n’ont pratiquement aucun phonème  semblable dans la chaîne parlée !

 

  III-Emploi des consonnes

   Comme son nom l’indique, sonne avec, une consonne s’articule avec une voyelle pour former une syllabe et elle précède la voyelle, comme dans là, rue, pic pour p…ou la suit comme dans il, et bar, pour le r.

    En français on ne trouve que de très rares exceptions qui se passent de voyelle dans certaines interjections: pff, pour marquer le mépris ; pst, pour attirer l’attention de quelqu’un avec discrétion ; hm, pour marquer le doute, hmm, la menace si l’on fronce les sourcils…ou hmmm,  le plaisir si l’on hausse les sourcils. En anglais, par contre, les consonnes finales m, n, et l peuvent remplir le rôle d’une voyelle pour former une syllabe non accentuée, comme dans from [frm],   button [‘bʌtn], bottle [‘bɔtl], people [‘pi:pl], little [‘litl], et and [nd… et même n]. (Le l dans les mots ci-dessus est un l sombre, ou vélaire, et non un l clair. Voir Etymologie de Sádaba.)

   Pour former une syllabe une voyelle peut être seule, comme dans il y a, é-tourdi, i-diot, o-béir, u-tile, ou accompagnée d’une ou plusieurs consonnes… précédée, comme dans tri-cher, stra-pontin, ou suivie comme dans pitr(e), vétust(e), ou sabl(e).

   En français on est capable de prononcer une syllabe avec trois consonnes devant la voyelle, comme dans strate, structure, strident, scrupule, scruter, ou après comme dans arbr(e), tordr(e), pourpr(e), rostr(e), fichtr(e), mais on serait bien en peine de prononcer correctement le prénom Christophe en polonais, Krzyzstof. Dans la chaîne parlée on évite du reste l’articulation successive de trois consonnes : on dit bien une cord(e) à linge, avec un e muet et une liaison corda, mais une corde lisse. E se prononce alors pour éviter l’articulation des trois consonnes r d l d’affilée.

   Dans une syllabe, aussi bien devant qu’après la voyelle, on peut trouver n’importe quel phonème consonne, mais dès lors qu’il y en a au moins deux, certains groupements existent et d’autres pas en français.

   Au Maroc par exemple on va entendre tmenya, huit ; mrêd, malade ; Rbât, avec R emphasé ; et même tbêb, médecin, et kbîr, grand, avec deux occlusives…mais un Français répète temenya, merêd, Rabat, toubib et kébir. Non habitué à articuler ces consonnes d’affilée dans une même moitié de syllabe, il ajoute une voyelle, et donc une syllabe.

   De même le groupe pn du grec pneuma, souffle, a donné en français pneumonie et pneumatique, mais présente aussi cette difficulté. Certaines personnes disent carrément un peneu…et d’autres préfèrent parler d’une pulmonie, au lieu de pneumonie ! Les Anglais ont conservé le p initial, pneumonia, mais ne le prononcent pas ; quant aux Espagnols ils l’ont supprimé, neumonia.

   Des groupes comme bv, bf, bj, bch, bd, bt,  tf, tb, tk, ou kf, kb…par exemple, n’existent pas en français, et quand nous prononçons  des mots comme cnéides, tmèse, pfenning, csardas, tsé-tsé ou tsunami nous ajoutons automatiquement, mais sans nous en rendre compte, un léger ə épenthétique entre les deux consonnes. Voir ci-après le chapitre Affriquées.

  On peut trouver deux spirantes, comme dans frère, frappe, friture, flacon, flux ; une spirante et une occlusive, comme dans sbire, spécial, ou même deux spirantes encadrant une occlusive, comme dans scrupule, scruter, strate et strident ; une occlusive suivie d’une spirante, comme dans bloc, plage, pli, drap, tri, cru, gris, groupe que le grand phonéticien Maurice Grammont appelle mi-occlusive.

  IV - Le groupe mi-occlusif

   Grammont nomme   mi-occlusive «  un groupe occlusive + spirante lorsque les deux phonèmes sont dans la même syllabe etcombinés ensemble ».

   Rappelons que lorsqu’une syllabe est constituée d’une voyelle précédée et suivie d’une ou plusieurs consonnes, la ou les consonnes situées avant la voyelle ont une tension croissante, la ou les consonnes situées après la voyelle ont une tension décroissante.

    Quand on prononce par exemple la tête rasée, même rapidement, on ne dit pas tê-tra-zé, mais têt-ra-zé. Le t final de tête est décroissant. Par contre dans tragone le t  en début de syllabe, devant r, est croissant.

    Un t vraiment pur, c’est-à-dire croissant et bien explosif, est celui qu’on articule devant une voyelle ; quand il est suivi d’une spirante, comme r par exemple, son point d’articulation  se rapproche de celui de cette spirante, sa tension est moins forte et son explosion à peu près nulle.

    L’occlusive est donc influencée par la spirante qui la suit : les deux consonnes sont donc bien combinées.

    En français les groupes les plus fréquents comprennent les deux spirantes liquides r et l, comme dans prix, brute, plage, bleu ; tri, drap, atlas ; cri, gras, clan, glèbe…etc.  On trouve quelquefois la sifflante s dans psaume, pseudo, psoriasis et psychiatre, mais ni pch ni pj, et si on a pn dans pneumatique et pneumologue, le groupe mi-occlusif pm n’existe pas… ni pf, tf, kf !

 

 

  V - Les affriquées

Quand un Français a l’occasion de prononcer des mots d’origine étrangère tels que l’allemand pfenning, le russe tsar, l’espagnol chico [ tʃîco], l’anglais chip [tʃip], ou jump [ʌmp], il articule un p, puis un f ; un t puis un ; un t puis un ʃ ; un d puis un j , et cela évidemment avec des consonnes telles qu’on les prononce en français. Il en résulte que le mot est déformé, même si les deux consonnes sont combinées, car il ne s’agit pas ici d’un groupe de phonèmes mi-occlusif, c’est-à-dire d’une occlusive suivie d’une spirante comme nous l’avons vu ci-dessus, mais de ce que les linguistes, comme le Suisse Ferdinand de  Saussure, et le Russe Zdravko Gueorguiev, appellent une affriquée.

On trouve des affriquées dans de nombreuses langues, et en particulier dans les langues slaves, mais il y en avait également en français au XIIIe siècle puisque l’expression chèvres blanches se prononçait iɛvrɛss blannɛss , et commença, komantsa. On utilisait également avant ʒ, et dz avant z…et en français québécois actuel t et d devant les voyelles fermées i et u deviennent ts et dz. On entend : le tsiroir, la tsurbine et une dzizaine, une dzune.

   Qu’est-ce qu’une affriquée ?

 On désigne sous le nom de consonnes affriquées des occlusives dont la métastase présente un caractère particulier : les organes ne se séparent pas brusquement et violemment pour donner lieu à une explosion, mais mollement, de manière à produire l’ébauche d’une fricative ou spirante. Naturellement cet élément spirant a le même point d’articulation que l’occlusion qui la précède et l’occlusion est plus faible que celle d’une occlusive ordinaire.

Pour J. Vendryes il s’agit simplement d’une occlusive manquée et sa durée est égale à celle d’une occlusive normale. Il n’y a pas deux, mais un seul phonème.

    Comme la langue française actuelle se distingue par une tension particulièrement importante des organes phonatoires lors de la parole, elle ne connaît plus de telles consonnes. Par contre en allemand l’élément f de pfenning n’est pas labiodental comme en français, mais bilabial, donc plutôt mou. Quant au t, en anglais et en espagnol, il n’est pas dental comme en français, c’est-à-dire utilisant un organe dur, mais alvéolaire et même prépalatal, dans le secteur de la chuintante ʃ, ce qui produit l’affriquée   dans chico [tʃîko] et chimenea [tʃimenêa], d’une part, et dans choice [tʃɔis] et church [tʃə:tʃ] d’autre part. Même remarque pour les voisées d et ʒ dans l’anglais jump [dʒʌmp], ou John [dʒɔn].

   Information au sujet de l’anglais : Daniel Jones (1881-1967), ancien Président de l’Association Phonétique Internationale, précise dans An Outline of English Phonetics, au chapitre VIII, page 27, paragraphe 131 : « Le son n’est pas le même chez tous les locuteurs : certains avancent les lèvres, d’autres les étirent, certains, comme moi-même, articulent deux éléments distincts (donc pasl’affriquée), mais pour d’autres les deux éléments ne font qu’un.» Au paragraphe 132 il répète : «  est considéré par certains comme un son unique, mais il semble préférable, quand on enseigne l’anglais, de le considérer comme double pour des raisons pratiques.»

   Et on peut lire la même chose à propos de au paragraphe 144.

   Donc certains Anglais emploient une affriquée, phonème unique, et d’autres un groupe mi-occlusif de deux consonnes, un t puis un ʃ ,ou un d puis un ʒ !

 

   Et à propos de l’espagnol :

  Dans le Cahier du CRIAR n° 22 publié en 2006, figure un article intitulé « L’approche diasystématique en phonologie espagnole et française », rédigé par José Antonio Vicente Lozano, et au chapitre 5.2.2. ,  page 102, on peut lire à propos du ch espagnol : « Malgré une certaine et relative uniformité phonético-phonologique concernant ce phonème occlusif réalisé généralement comme une affriquée avec deux phases d’une durée comparable, on peut aussi trouver des variantes de tʃ très hétérogènes phonétiquement des deux côtés de l’Atlantique….Sans aucun doute, le caractère articulatoire hybride des affriquées favorise une telle diversité. Néanmoins tous les spécialistes considèrent ces réalisations comme des phones monophonématiques, exclusivement, par conséquent il convient de corriger et d’éviter les réalisations diphonématiques pratiquées par quelques étudiants francophones, qui ne font que calquer la combinatoire phonologique et les habitudes articulatoires de leur langue maternelle ».

  Comme les étudiants francophones ne sont pas les seuls à faire entendre un t puis un ʃ  quand ils prononcent chico, par exemple, de deux choses l’une :

  Ou bien le locuteur espagnol articule ch en respectant les particularités des trois phases suivantes :

 1-Mise en place, ou catastase, de l’occlusive prépalatale t : l’apex se relève en appuyant sans forcer contre la zone prépalatale, qui est également celle de la spirante sh,  ʃ  . Les cordes vocales étant resserrées, et la sortie vers les fosses nasales  également fermée par le voile du palais, le dos de la langue se relève et l’air intra-buccal augmente de pression. Cette première phase est muette.

 2- La tenue : Ces différents organes pourraient rester dans cette position plus ou moins longtemps, mais c’est en fait très court pour une occlusive. Cette deuxième phase est également muette.

 3-La détente, ou métastase : La pointe de la langue cesse d’appuyer contre le palais et   l’air sort, non pas brusquement pour produire une explosion comme celle qu’on entend  quand on prononce l’occlusive t devant une voyelle, comme ta ou to, mais mollement pour donner l’ébauche de la spirante sh, ʃ , qui a la même zone d’articulation. Et cette troisième phase est la seule audible, comme pour toute occlusive devant voyelle ; le t n’est donc que velléitaire !

  Là on peut parler d’affriquée.

  Ou bien le locuteur espagnol place son apex en avant de la zone du sh, ou exerce trop de pression contre le palais, comme  c’est très souvent le cas, et on va entendre un  t explosif devant un sh, ʃ ,(phonème ʃ inconnu en espagnol !!!) ; c’est-à-dire qu’on a deux phonèmes, une occlusive plus une spirante, comme tr dans trigo, tronco, ou tl dans Atlantico,atletico.

  Et dans ce cas il ne s’agit plus d’une affriquée !

   La lettre représentant une affriquée, dont l’attestation est certainement la plus ancienne, est le tsadé, le Ts, utilisé très fréquemment dans la Bible hébraïque, comme en hébreu israélien actuel. Mais les traducteurs grecs et latins, peu habitués à ce phonème, le remplacent généralement par un s, et on a par exemple : צִיוֹן , [tsiyown], Sion ; יצהק , [ itsaq] , Isaac ; נצרת , [natsereth], Nazareth. Par contre, pour la cité phénicienne appelée  Tsour, les Grecs ont retenu la partie t, plutôt que s…et pour la voyelle ils ont utilisé y, c’est-à-dire upsilon, le u du français duc, et ils ont écrit Tyr…que nous prononçons tîr… mais en arabe c’est Sour!!! Dans le texte à propos de l’Etymologie de Béziers nous avons également relevé deux graphies erronées Beterra et Besara pour Betsera. Autre anomalie, plus récente celle-là, puisque rencontrée de nos jours : comme kibboutsim est un pluriel signifiant assemblées, groupements, on croit bien faire en écrivant kibboutz au singulier, et en le prononçant kiboutss ; or le tsadé, devenant final, ne se prononce plus ts, mais s en hébreu et, du reste, il ne s’écrit pas צ mais ץ dans cette position. Pour tenir compte de  la prononciation d’origine,  on devrait donc écrire un kibbous, et prononcer kibbouss !!!

   Le tsadé est également représenté dans l’écriture cyrillique, où l’on a par exemple цар [tsar], mot que nous prononçons mal pour un Russe, paraît-il, faute de tenir compte des observations mentionnées en début de chapitre pour l’articulation d’une affriquée : pour l’oreille d’un Slave qui nous entend, d'après Dauzat, il y a un léger ə entre le t et le s, ce qui fait alors trois phonèmes au lieu d’un seul !!!

 

   Remarque : Pour  bien montrer que les affriquées, comme ц et Ч  par exemple,  sont des phonèmes uniques, l’Alphabet phonétique international  utilise désormais les signes    t͡s   et    t͡ʃ   , avec un tirant suscrit.

 

  Dans Les Secrets de l’Exode, Massod et Roger Sabbah s’efforcent de montrer une correspondance entre écriture hébraïque et hiéroglyphes égyptiens : « L’évidence de rapports étroits entre lettres hébraïques et hiéroglyphes  se manifeste dans leur phonétique, leur forme, et souvent la valeur symbolique en liaison avec les nombres, les divinités et croyances égyptiennes. L’écriture hébraïque correspond à une adaptation de l’écriture égyptienne ; elle est un alphabet hébraïco-hiéroglyphique, et certaines lettres qui n’ont pas été transformées sont de véritables hiéroglyphes. »

    Les hiéroglyphes linéaires figurant dans le tableau ci-dessous sont tirés de la Grammaire Egyptienne de Champollion (page 538)

 

Le Tsade

 

 

             

 

                                                                      

 

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